La diaspora algérienne parmi les plus faibles d’Afrique

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Avec à peine 2,1 milliards de dollars en 2017, les rapatriements de fonds à l’actif de la diaspora algérienne restent parmi les plus faibles à l’échelle continentale. Ainsi, le pas franchi est d’à peine 100 millions de dollars, puisqu’en 2015 comme en 2016, le volume des transferts était de 2 milliards de dollars. C’est en tout cas ce que fait ressortir le rapport annuel de la Banque mondiale, intitulé «Migrations et envois de fonds : développement récents et perspectives», publié il y a quelques jours.

En termes d’envois d’argent, les «performances» de nos compatriotes établis un peu partout dans le monde confortent le pays dans sa sixième place en Afrique.

Le Nigeria est le pays d’Afrique qui a reçu le plus de fonds issus de sa diaspora en 2017, selon le même document. Le pays le plus peuplé du continent a reçu 22 milliards de dollars.

Avec des flux de transferts s’élevant à 20 milliards de dollars, l’Egypte s’est adjugée la deuxième marche du podium, le Maroc juste derrière avec 7,5 milliards de dollars. Viennent ensuite le Ghana et le Sénégal, avec 2,2 milliards de dollars chacun, l’Algérie (2,1 milliards), le Kenya (2 milliards), la Tunisie (1,9 milliard), l’Ouganda (1,4 milliard), le Mali (1 milliard), l’Afrique du Sud (0,9 milliard), l’Ethiopie (0,8 milliard), le Liberia (0,6 milliard) et le Burkina Faso (0,4 milliard).

En outre, est-il relevé dans le même rapport, présenté en marge des assemblées de printemps du groupe de la Banque mondiale et du FMI, les transferts des migrants représentent une part particulièrement importante du PIB du Liberia (27%), des Comores (21%), de la Gambie (21%), du Lesotho (15%), du Sénégal (14%) et du Cap-Vert (13%).

Globalement, entre 2016 et 2017, les transferts des fonds des migrants vers la totalité des pays d’Afrique subsaharienne ont bondi d’environ 4 milliards de dollars, passant de 34 milliards à 38 milliards de dollars, grâce notamment à la reprise de l’économie mondiale et à la remontée progressive des prix du pétrole, se réjouit-on.

Dans son ensemble, le continent, toujours en 2017, a reçu de sa diaspora l’équivalent de 65 milliards de dollars, contre quelque 40 milliards en 2010 et 10 milliards en 1990. Ces 65 milliards, qui pèsent plus du double de l’aide publique au développement (29 milliards en 2017) ont pu profiter à plus de 120 millions de personnes vivant sur le continent.
Quid du transfert informel ?

Ces fonds, qui proviendraient d’opérations de plus de 30 millions de migrants africains, font, par ailleurs, ressortir un autre décompte dressé, cette fois-ci, par l’African Institute for Remittances (AIR). Des transferts qui seraient en réalité bien plus importants, puisque, à en croire cet institut africain pour les envois de fonds, de plus en plus nombreux sont les Africains vivant à l’étranger à emprunter les canaux de transferts informels ou non réglementés, et ce, outre le fait que la capacité de collecte de données soit relativement faible dans de nombreux pays du continent.

L’autre facteur contraignant qui expliquerait également le peu de générosité des diasporas africaines envers leurs pays d’origine respectifs consiste en les coûts, hors de portée, des transferts, et ce, bien qu’ils aient quelque peu baissé en 2017 pour atteindre 8,7% des montants transférés, contre 12% en 2012, notent les statisticiens de l’AIR. Un niveau encore en deçà de l’objectif, 3%, arrêté pour 2030, par l’Union africaine dans le cadre des Objectifs du développement durable (ODD).

Considérés comme les plus chers au monde, ces coûts devraient être amenés à au moins 7% d’ici 2019, projette l’AIR, misant, entre autres, sur les mécanismes nécessaires que cet institut entend mettre en place dans un proche avenir.

Comment parvenir à assurer un environnement propice aux fins d’optimiser le potentiel de la participation des diasporas, ces communautés transnationales, resserrer les liens avec elles, faciliter la mobilisation de leurs compétences et ressources en faveur du développement, lever les obstacles à leur retour est, par conséquent, ce à quoi œuvrent la Banque Mondiale et l’AIR.

Enfin, il y a lieu de souligner que le nombre officiel actuel de la diaspora algérienne n’est pas encore arrêté. En effet, nul n’est, pour l’instant, en mesure de le situer avec exactitude. En tout cas, jusqu’à 2013, la communauté des expatriés nationaux était estimée à 1,4 million de personnes, soit environ 3,5 % de la population algérienne. La plupart, soit 85%, établie en France et 8% dans d’autres pays d’Europe.

Le volume des transferts de fonds réalisés reste quasiment inchangé, entre 1,5 et 2 milliards de dollars, en moyenne. Plus d’une ONG internationale œuvrant pour la cause des migrants parle, quant à elle, de 6 à 7 millions d’Algériens dans le monde, dont plus de 4 millions rien qu’en France et plus de 1 million en Espagne.

Du côté de nos officiels, aucun nombre précis à même de situer la dimension de la présence algérienne à l’étranger n’a pu, jusque-là, être fourni.

El Watan

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